5. Communications

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Contexte

Les communications avec le public et les autres groupes de clients sont un aspect essentiel lorsqu’il est question de respecter le droit du public à être servi dans la langue officielle de son choix et de refléter l’image de bilinguisme du Canada.

Les éléments principaux à considérer sont la signalisation et l’affichage, les documents d’information et de promotion, les sites Web et l’information transmise verbalement ou à l’aide de tableaux indicateurs, tels les annonces des résultats et les commentaires.

Pour réussir à réaliser cette énorme tâche, il fallait compter sur des ressources de traduction et d’interprétation suffisantes et de grande qualité.

Il fallait aussi la collaboration de la province, des villes de Vancouver et de Whistler pour contribuer à créer une ambiance bilingue à l’aide de la signalisation, de la documentation et des services.

Constats

Traduction et interprétation

Jusqu’à l’été 2009, le service interne de traduction du COVAN réussissait assez bien à combler les besoins en traduction. Cependant, à la suite d’une évaluation interne à l’été 2009, il semblait évident que les ressources en place ne pourraient répondre à l’augmentation considérable des textes à traduire avant et pendant les Jeux. Le COVAN, qui disposait alors de six traducteurs, estimait avoir besoin d’une quarantaine de traducteurs additionnels. Le COVAN estimait à 5,3 millions de dollars le coût des besoins en traduction. Celui-ci a alors envisagé de ne pas faire traduire les biographies des athlètes et certains manuels, puisqu’ils représentaient un volume important de traduction. Le fait de ne pas faire traduire certains documents qui devaient l’être selon les exigences de l’annexe A de l’Entente multipartite montre que certains responsables du COVAN considéraient qu’ils pouvaient se soustraire à leurs exigences en matière de langues officielles. Par ailleurs, la traduction d’Info 2010, le système servant à transmettre de l’information à jour aux médias, posait aussi des difficultés de taille en raison des ressources limitées du COVAN.

Étant donné l’importance capitale des ressources de traduction et d’interprétation pour pouvoir présenter des Jeux entièrement bilingues et le manque de ressources du COVAN, le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, a annoncé en septembre 2009 une contribution additionnelle de 7,7 millions de dollars, dont 5,3 millions pour la traduction et l’interprétation10. Après de longues discussions, une entente a officiellement été signée le 8 décembre 2009 entre le COVAN, Patrimoine canadien et le Bureau de la traduction.

Selon le Bureau de la traduction et Patrimoine canadien, les coûts totaux des services du Bureau de la traduction se sont élevés à 3,4 millions de dollars alors qu’il avait été estimé que les coûts s’élèveraient à 5,3 millions de dollars. Cet écart s’explique en grande partie par le fait que le volume de mots à traduire a été moins élevé que prévu et aussi par le fait que les traducteurs ont gagné du temps, car les changements apportés aux biographies des athlètes étaient facilement identifiables dans le système informatique, alors qu’on pensait initialement que ce ne serait pas possible.

Dès la signature de l’entente, l’équipe de traduction du Bureau de la traduction a intégré celle du COVAN. C’est le Bureau de la traduction qui était ultimement responsable de la qualité des documents que produisait le COVAN.

Un centre formé d’une quarantaine de traducteurs a été mis en place à Gatineau, au Québec, au début de janvier 2010. Il s’est occupé de la traduction du contenu du système informatisé Info 2010 et des biographies des athlètes. Ainsi, 5 000 fiches biographiques ont été traduites et 15 000 modifications ont été effectuées. Le fait que toutes les mises à jour des biographies étaient faites dans les deux langues constituait une première pour les Jeux olympiques. Les fiches biographiques étaient accessibles au public dans le site Web du COVAN. Une autre équipe d’une quarantaine de traducteurs s’est rendue à Vancouver pendant les Jeux et une de huit traducteurs aux Jeux paralympiques. Un troisième centre, comprenant une vingtaine de traducteurs, a été mis en place à Québec pour répondre aux demandes excédant la capacité des traducteurs à Vancouver. L’examen des besoins en matière d’interprétation par le Bureau de la traduction a montré que le COVAN avait bien réévalué les besoins pour les Jeux olympiques, mais pas ceux pour les Jeux paralympiques, c’est pourquoi le Bureau de la traduction y a affecté six interprètes et un coordonnateur.

La plupart des interviewés, y compris les représentants du COVAN, ont souligné l’excellence des services offerts par le Bureau de la traduction, son professionnalisme et la qualité de son travail. Une fois de plus, le Canada a montré son savoir-faire dans le domaine de la traduction, en grande partie grâce au Bureau de la traduction. Sans l’appui financier additionnel du gouvernement du Canada et l’entrée en scène du Bureau de la traduction, le COVAN n’aurait pas réussi à satisfaire à toutes les exigences de l’annexe A touchant les communications avec le public. Les traducteurs du Bureau ont consacré 25 000 heures de travail pour permettre au COVAN de respecter ses exigences.

Il ressort aussi de cette situation que les besoins en traduction et, dans une moindre mesure, ceux en interprétation, n’avaient pas bien été évalués au début, ce qui explique que le COVAN n’avait pas prévu les sommes nécessaires dans son budget.

Signalisation et affichage

Plusieurs personnes qui se sont rendues aux Jeux ont indiqué que la signalisation bilingue était impressionnante. Selon ce qu’ont pu constater les employés du Commissariat pendant les Jeux olympiques, toute la signalisation du COVAN était bilingue aux sites et dans les centres-villes de Vancouver et de Whistler, de même qu’à l’aéroport international de Vancouver. Les intervenants que le Commissariat a rencontrés ont confirmé que c’était aussi le cas pendant les Jeux paralympiques. La signalisation était égale dans les deux langues et généralement de bonne qualité. Une équipe du COVAN avait inspecté les installations avant les Jeux pour s’assurer que la signalisation était conforme. La signalisation à l’Anneau olympique de Richmond était uniquement en anglais au départ, mais elle a finalement été mise dans les deux langues, entre autres grâce aux pressions de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique et des parlementaires. Certains commanditaires internationaux et nationaux ont placé des panneaux dans les deux langues. Il y avait aussi de l’affichage bilingue dans les stations du Sky Train de la part de certaines institutions fédérales, dont la Monnaie royale canadienne, et de certains commanditaires, dont Coca-Cola. Les villes de Vancouver et de Whistler ont aussi mis des affiches bilingues pour souhaiter la bienvenue aux visiteurs et les orienter. Les institutions fédérales qui ont installé des panneaux et des affiches dans le contexte des Jeux étaient également dans les deux langues. Tous ces éléments créaient une marque évidente de dualité linguistique dans les centres-villes de Vancouver et de Whistler. Toutefois, il est regrettable que tous les commanditaires n’aient pas affiché dans les deux langues.

Documents d’information et de promotion

Les documents d’information destinés au public ont été produits dans les deux langues. Ainsi, le guide officiel des spectateurs était en deux versions, une en français et une en anglais. Les billets étaient entièrement dans les deux langues, incluant les inscriptions au verso. Le Guide de la programmation de l’Olympiade culturelle de Vancouver 2010 était aussi bilingue. Les accréditations étaient dans les deux langues. Les documents d’information pour les publics cibles étaient aussi dans les deux langues, par exemple les guides techniques pour les officiels et ceux pour les médias dont le manuel d’accréditation, le formulaire d’accréditation et le guide horaire. Tel qu’il est mentionné précédemment, les biographies des athlètes et le site Info 2010 étaient aussi dans les deux langues.

Une situation a cependant été relevée par le personnel du Commissariat présent sur place : ils n’ont pu trouver le programme souvenir en français dans les boutiques des sites, à l’aéroport ou à la superboutique olympique au centre-ville.

Les sites Web

Le site Web du COVAN était un des principaux moyens de communication avec le public. Les communiqués de presse, qui étaient très nombreux, y étaient publiés et on y trouvait une multitude de renseignements sur les Jeux comme l’horaire des compétitions et les résultats. Tout était publié simultanément dans les deux langues. Au début, il y avait certaines erreurs dans les communiqués en français, mais la situation a été corrigée rapidement.

Les initiatives de la province et des deux villes hôtes sont aussi à noter à cet égard. Les sites Web de Tourism BC et de Tourism Vancouver ont été traduits et certaines sections des sites Web de Vancouver et de Whistler étaient offertes en français. Les deux villes avaient reçu une contribution financière de Patrimoine canadien afin de les aider à offrir des services en français. La Société de développement économique de la Colombie-Britannique, un organisme francophone, a collaboré à la traduction du site Web de Tourism BC.

Information au public, annonces des résultats et commentaires

De façon générale, le COVAN a bien réussi à respecter les exigences de l’annexe A touchant l’information au public et les annonces des résultats. Il était possible d’être servi dans sa langue sans difficulté aux kiosques d’information dans les 15 sites d’information. Les conférences de presse étaient dans les deux langues. Comme il est expliqué dans la section 6, le public recevait la plus grande partie de l’information par les bénévoles.

Mises à part les annonces qui ont été effectuées en anglais seulement lors de la finale de ski acrobatique des femmes et de certaines compétitions de patinage artistique, les Jeux ont été une belle réussite pour les annonces et commentaires dans les deux langues lors des compétitions (par exemple, la présentation des athlètes, les temps du passage et les résultats). Le français venait en premier lieu, puisque c’est une exigence protocolaire du mouvement olympique, et sa qualité était excellente. Les mêmes pratiques ont été suivies pour les Jeux paralympiques. Ces éléments qui étaient présents dans le déroulement des compétitions ont contribué à donner aux spectateurs et aux téléspectateurs une image claire de la dualité linguistique canadienne.

Certains aspects ont toutefois posé problème. Par exemple, au UBC Thunderbird Arena, le site des compétitions de hockey féminin, l’enregistrement des vedettes canadiennes qui était diffusé à l’entrée était en anglais seulement. Lors de quelques visites, les employés du Commissariat sur place n’ont pas obtenu de service en français à la boutique olympique du centre-ville et à celle de la Place Hockey du Canada. Par contre, ils ont obtenu du service en français au Pacific Coliseum d’un bénévole qui ne portait pas le macaron « Bonjour ».

Par ailleurs, une situation aurait sans doute pu être corrigée si le COVAN avait fait les démarches nécessaires plus tôt auprès du Comité international olympique. Les tableaux d’affichage qui présentaient les résultats des compétitions en temps réel aux sites de compétition étaient en anglais seulement. Avisé de la situation par le COVAN à l’automne 2009, le Secrétariat fédéral des Jeux lui avait recommandé d’approcher rapidement le Comité international olympique pour trouver une solution. Cependant, la compagnie Omega, un commanditaire mondial géré directement par le Comité et le fournisseur des tableaux d’affichage, a indiqué qu’il était impossible d’apporter les modifications techniques exigées dans les délais accordés. On se serait attendu que le COVAN ou le Secrétariat fédéral des Jeux soulève cette question beaucoup plus tôt, surtout que le Grand Témoin de la francophonie des Jeux olympiques d’hiver de 2006 à Turin, Mme Lise Bissonnette, en avait déjà fait mention dans son rapport. Toutefois, les écrans présentaient les résultats dans les deux langues et les commentateurs étaient bilingues.

Le rôle des villes hôtes

Les villes hôtes, Vancouver et Whistler, ont déployé bien des efforts pour fournir au public de l’information dans les deux langues. Le centre d’appel 311 ainsi que le centre des communications de la ville de Vancouver comprenaient des employés bilingues et 20 p. 100 des 600 employés formant l’équipe de la ville hôte étaient bilingues. Quant à Whistler, 23 p. 100 des 660 participants bénévoles étaient bilingues et 15 p. 100 des 90 bénévoles du programme village hôte pouvaient s’exprimer dans les deux langues. Ces données ont été confirmées auprès des villes de Vancouver et de Whistler. L’engagement proactif envers les langues officielles du maire bilingue de Whistler, M. Ken Melamed, est à signaler.

Leçons apprises

Afin d’offrir une image d’un pays bilingue à l’aide de la signalisation, comme c’était le cas pour les Jeux, il faut en plus du travail du comité organisateur, lequel a donné d’excellents résultats, la collaboration des villes hôtes et des commanditaires. Il en est de même pour les services offerts au public par les villes hôtes.

Le COVAN a montré qu’il était possible de mettre à jour un site Web en lançant simultanément les versions française et anglaise des pages Web. Cela est une leçon importante vu qu’il s’agit d’un mode d’information de plus en plus privilégié par le grand public.

Dans l’ensemble, le COVAN a aussi très bien fourni dans les deux langues officielles l’information au public (par exemple, les documents d’information, la présentation des athlètes, l’annonce des résultats, les commentaires) ainsi qu’effectué les communications avec les publics spécialisés tels les médias. Toutefois, il a eu besoin de l’aide additionnelle du gouvernement canadien pour produire toute la documentation en français qu’il s’était pourtant engagé à produire. Cette intervention de dernière minute ne devrait pas constituer un précédent pour des événements futurs.

Perspectives d’avenir

Il est essentiel que des clauses s’appliquant aux commanditaires nationaux soient incorporées dans les exigences linguistiques pour un événement d’envergure, afin que la dualité linguistique du Canada soit reflétée de façon plus complète. En ce qui concerne les commanditaires internationaux, ils devraient être informés de la réalité linguistique du Canada et de l’importance de respecter les exigences dans ce domaine. D’ailleurs, certains commanditaires internationaux ont montré que cela est tout à fait réalisable.

Les pratiques du COVAN concernant les communications avec le public dans les deux langues, notamment par site Web, et lors des annonces et des commentaires durant les compétitions, pourraient servir d’exemples pour d’autres événements de grande envergure.

Par ailleurs, pour des événements futurs, on pourrait s’inspirer du modèle de collaboration des villes hôtes de Vancouver et de Whistler qui, malgré le fait qu’elles n’ont pas d’obligations en matière de langues officielles en temps normal, ont su mettre en place des mesures pour servir le public dans les deux langues, entre autres en rendant leur site Web disponible en partie en français, et en s’assurant de la présence de personnel bilingue dans les services d’information et parmi les bénévoles.

Pour le Commissariat, les services de traduction et d’interprétation sont un service essentiel parce qu’ils déterminent la capacité des organisateurs de l’événement d’offrir de l’information pertinente et de qualité aux visiteurs simultanément dans les deux langues officielles. À ce titre, il faudrait que le coût de ces services soit intégré à la contribution de base que versera le gouvernement canadien au comité organisateur. Lors de tels événements, il faudrait compter dès le départ sur l’aide d’un partenaire disposant de l’expertise nécessaire et d’une capacité de prendre en charge un volume élevé de traduction dans de courts délais, comme le Bureau de la traduction a pu le faire lors des Jeux de Vancouver.

À l’avenir, toute organisation responsable d’un événement de grande envergure devra exiger que les tableaux d’affichage en temps réel (par exemple, ceux qui affichent les résultats des compétitions) présentent l’information dans les deux langues.

 

Notes

10 Le reste de la contribution servait à couvrir les frais pour que la signalisation, l’affichage et les cérémonies de remise des médailles soient dans les deux langues officielles.



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