4. Caractéristiques socioculturelles

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Résumé :

La proportion des Québécois anglophones qui ont un diplôme universitaire est supérieure à la moyenne. Les anglophones de l’île de Montréal ont généralement des niveaux de scolarité supérieurs à ceux du reste de la province. La situation économique de la communauté anglophone varie selon la région. En 2001, le taux de chômage était plus élevé chez les personnes de langue maternelle anglaise dans toutes les grandes régions de la province, sauf à Montréal. Le profil professionnel de la population anglophone diffère quelque peu de celui de la population dans son ensemble, mais les différences sont principalement liées au niveau de scolarité. Le revenu personnel médian des Québécois anglophones dépasse légèrement celui des Québécois de langue maternelle française, bien que dans la plupart des régions de la province leur revenu soit inférieur à la moyenne régionale. On constate un écart de revenu important entre les Québécois qui connaissent le français et l’anglais et les autres.

A. Niveau de scolarité

Le bilinguisme français-anglais est positivement corrélé avec un revenu élevé, tout comme le niveau de scolarité. Les anglophones de l’île de Montréal ont un niveau de scolarité supérieur à ceux des autres régions. L’écart est particulièrement important au niveau universitaire : 41,7 p. 100 des anglophones montréalais sont titulaires d’un grade, d’un certificat ou d’un diplôme universitaire, comparativement à 28,9 p. 100 des anglophones du reste de la province (la moyenne québécoise est de 35,7 p. 100). En 2001, la proportion de personnes qui n’avaient pas terminé leurs études secondaires était plus élevée chez les anglophones (17,8 p. 100) que chez les francophones (16,7 p. 100). Toutefois, au chapitre des études supérieures, la situation est tout à fait différente. Un plus fort pourcentage d’anglophones (27,9 p. 100) que de francophones (16,9 p. 100) ont un grade universitaire, la proportion des titulaires de certificats et de diplômes d’études professionnelles étant plus grande chez ces derniers (11,3 p. 100 contre 7,8 p. 100).

B. Emploi et revenu

Dans son ouvrage paru au milieu des années 1980 et intitulé The Forgotten Quebecers (les Québécois oubliés), l’historien Ronald Rudin fait remarquer que, lorsqu’ils n’étaient pas complètement ignorés dans la littérature canadienne, les Québécois anglophones étaient personnifiés sous les traits de riches gens d’affaires. Pendant la majeure partie du XXe siècle, la supériorité économique des Anglo-Québécois a été le stéréotype le plus véhiculé à l’endroit de ce groupe. Pourtant, en 2001, le taux de chômage des personnes de langue maternelle anglaise était supérieur à la moyenne dans toutes les grandes régions à l’exception de Montréal. En 2001, le taux de chômage s’établissait à 9,2 p. 100 pour l’ensemble de la population de l’île et à 8,5 p. 100 pour les personnes de langue maternelle anglaise, soit un taux supérieur à celui de 7,7 p. 100 pour les francophones. Les anglophones de la Gaspésie affichaient un taux de chômage de 20,9 p. 100, alors que la moyenne régionale s’établissait à 16,8 p. 100; ceux de Sherbrooke, un taux de 8,3 p. 100 (moyenne régionale de 7,1 p. 100); ceux de Laval, un taux de 7,6 p. 100 (moyenne régionale de 5,7 p. 100). Les économies régionales ont un impact marqué sur l’emploi et le revenu. Par conséquent, la comparaison interrégionale des taux de chômage est moins importante que la situation de la communauté dans la région.

Le profil professionnel de la population de langue maternelle anglaise du Québec diffère quelque peu de celui de l’ensemble de la population. Le pourcentage d’anglophones qui occupent un poste de cadre (13,4 p. 100) excède légèrement la moyenne provinciale (10,4 p. 100). Il en va de même quand on analyse les professions du milieu des affaires et des finances (21,2 p. 100) par rapport à la population en général (18,2 p. 100).

Les Québécois anglophones sont beaucoup moins présents dans les emplois de cols bleus – transports, secteur primaire, transformation et fabrication –, un peu plus d’un sixième d’entre eux exerçant de tels métiers, alors que le quart des Québécois en font autant. Cependant, le profil professionnel des anglophones de l’île de Montréal est très différent de celui des anglophones des autres régions. Dans le reste de la province, les anglophones ont un profil professionnel qui ressemble à celui de l’ensemble des Québécois. Près du quart des anglophones de l’extérieur de Montréal ont un emploi de col bleu, comparativement à un huitième dans les secteurs métropolitains. Alors que 5,6 p. 100 des salariés anglophones de Montréal sont dans le secteur de la santé, ce pourcentage n’est que de 3,8 p. 100 dans le reste du Québec. Quelque 6 p. 100 des Montréalais anglophones ayant un emploi sont associés aux arts et à la culture, comparativement à 3 p. 100 dans le reste du Québec. Les différences observées au chapitre du profil professionnel entre les anglophones de l’île de Montréal et ceux du reste de la province sont liées à l’économie et au niveau de scolarité.

Le revenu personnel médian des anglophones est légèrement plus élevé que celui des personnes de langue maternelle française au Québec (21 619 $ contre 21 166 $) et à Montréal (21 966 $ contre 21 599 $). En Gaspésie, à Sherbrooke, sur la Rive-Sud et à Laval, le revenu médian des personnes de langue maternelle française dépasse de plus de 10 p. 100 celui des anglophones. Cependant, dans une perspective régionale, les personnes de langue maternelle anglaise ont un revenu supérieur aux francophones en Outaouais et à Québec.

Au chapitre de l’emploi et du revenu, on constate un écart important entre les Québécois bilingues et les autres. En 2001, le taux de chômage chez les Québécois de langue maternelle anglaise de 25 à 34 ans qui connaissent le français et l’anglais était de 7,5 p. 100 (7 p. 100 à Montréal) et il se chiffrait à 14,3 p. 100 chez les Anglo-Québécois unilingues. Par contraste, les francophones bilingues présentaient un taux de chômage de 5,5 p. 100 (5 p. 100 à Montréal), comparativement à 8,8 p. 100 chez les francophones unilingues.

Pour ce qui est du revenu personnel médian, les personnes bilingues ont gagné quelque 25 500 $, soit beaucoup plus que les francophones unilingues (approximativement 17 850 $) et que les anglophones unilingues (16 575 $).



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