Politiques et programmes - suite

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C. FONDS DE LA MUSIQUE DU CANADA

Le Fonds de la musique du Canada a été créé en 2001 par le ministère du Patrimoine canadien afin d’aider l’industrie musicale canadienne à s’épanouir dans un univers concurrentiel. Il soutient les auteurs-compositeurs et appuie le développement de nouveaux artistes, la production de nouveaux enregistrements et la conservation des œuvres musicales canadiennes. Il compte sept volets distincts qui sont administrés soit par des organismes fédéraux (tels que le Conseil des Arts du Canada et Bibliothèque et archives du Canada) ou par des organismes non gouvernementaux. Deux volets génèrent davantage de retombées dans les CLOSM, soit Nouvelles œuvres musicales et Initiatives collectives.

Le volet Nouvelles œuvres musicales soutient la production d’un album, la commercialisation, le démarchage et les artistes émergents. Le volet Initiatives collectives contribue au financement des activités de promotion, des concours, des galas, des réunions et des rassemblements, favorisant ainsi le succès des artistes à l’échelle tant régionale que nationale et internationale. Ces deux volets sont administrés par la Foundation Assisting Canadian Talent on Recordings (FACTOR) pour la musique anglophone et MUSICACTION pour la musique francophone.

1. FACTOR

Mandat
Les volets du Fonds administrés par FACTOR aident avant tout les interprètes et les auteurs-compositeurs de la scène anglophone à produire des disques et à répondre aux possibilités de tournées et de présentations nationales et internationales. L’appui vise également les éléments d’infrastructure nécessaires à la progression des artistes et des producteurs sur la scène internationale – maisons de disques, distributeurs, studios d’enregistrement, sociétés de production vidéo, réalisateurs, etc. En 2005-2006, FACTOR a reçu plus de 9 millions de dollars pour le volet Nouvelles œeuvres musicales et près de 1,4 million de dollars pour celui des Initiatives collectives.

Appui aux CLOSM
Les volets du Fonds administrés par FACTOR visent à répondre aux besoins des artistes canadiens qui enregistrent en anglais. Cependant, l’accord de contribution conclu en 2006 entre Patrimoine canadien et les administrateurs du Fonds de la musique du Canada exige que ces derniers intègrent des mesures appropriées afin d’assurer un soutien aux artistes des CLOSM. Il peut s’agir notamment d’adapter les règles de financement afin de tenir compte d’un contexte de production et de diffusion différent, de faire en sorte que des membres des CLOSM fassent partie dans les jurys de sélection, d’établir des comités d’évaluation dans les régions où se trouvent les minorités de langue officielle.

FACTOR destine son appui financier à tous les artistes canadiens, qu’ils soient francophones ou anglophones, qui enregistrent en anglais, sans recueillir de données sur la première langue officielle des demandeurs ni calculer la part que représentent les sommes allouées à la minorité anglophone du Québec. Par conséquent, on peut se demander comment FACTOR peut respecter son engagement de prendre les mesures qui s’imposent à l’égard des artistes des CLOSM. Toutefois, selon des personnes interrogées à Patrimoine canadien, les créateurs anglo-québécois occuperaient une place de choix dans l’industrie musicale canadienne et n’auraient pas besoin de mesures d’aide spécifiques.

Modes de consultation
Afin de se tenir au courant des questions provinciales et régionales, FACTOR s’est affilié à des associations de musique dans tout le Canada, mais la fondation ne consulte pas précisément la minorité anglophone du Québec en tant que groupe distinct. Il faut tenir compte cependant du fait que les artisans anglo-québécois de la musique n’ont pas d’organisme de représentation pour défendre leurs intérêts.

2. MUSICACTION

Mandat
MUSICACTION est l’équivalent francophone de FACTOR dont le mandat est d’offrir du soutien aux artistes et entreprises du secteur de la musique du Québec et des autres régions du Canada qui produisent des oeuvres en français. Cet organisme administre, au nom de Patrimoine canadien, les volets Nouvelles œuvres musicales et Initiatives collectives du Fonds de la musique du Canada en vue de soutenir le secteur de la musique francophone.

Appui aux CLOSM
Comme chez FACTOR, il n’existe pas de programme qui vise précisément les minorités francophones. Cependant, comme nous l’avons déjà dit, l’accord de contribution conclu en 2006 précise que les administrateurs doivent prendre des mesures appropriées pour favoriser les artistes provenant des CLOSM.

De plus, il existe, pour les francophones hors Québec, un jury indépendant composé de membres de ces CLOSM. Le conseil d’administration de MUSICACTION, dont les membres sont surtout du Québec, a récemment invité la direction générale de l’Alliance nationale de l’industrie musicale (qui représente les intérêts de l’industrie musicale francophone hors Québec) à y siéger, ce qui pourrait influencer sa façon de percevoir le travail des artistes francophones hors Québec.

Le tableau 12 montre que le financement accordé par MUSICACTION a légèrement diminué depuis 2002-2003. Il faut toutefois prendre en considération l’augmentation remarquable des sommes investies sur une période de cinq ans puisqu’elles ont presque quadruplé depuis 2000-2001, passant d’environ 200 000 dollars en 2000-2001 à plus de 746 000 dollars en 2004-2005 (soit de 5,6 p. 100 à 8,5 p. 100 du budget total).

Une analyse des sommes investies par volet montre de grands écarts d’un volet à l’autre. Dans le cadre du volet Initiatives collectives, les francophones en situation minoritaire reçoivent en moyenne 32 p. 100 du financement total. Ce volet a permis d’accorder des subventions à Coup de coeur francophone, au Réseau national des galas de la chanson et à Réseau Ontario notamment. Dans le volet Nouvelles oeuvres musicales, les demandes provenant des CLOSM obtiennent 6,2 p. 100 des sommes investies pour la production d’un album; 4,3 p. 100 pour la commercialisation nationale et internationale; 1,7 p. 100 pour le démarchage; et 57,1 p. 100 pour le soutien à l’émergence. En 2004-2005, la minorité francophone a présenté 68,4 p. 100 des demandes soumises dans le cadre de ce volet.

En général, le taux d’acceptation des demandes présentées par des francophones hors Québec semble être excellent puisqu’il est comparable à celui des francophones québécois20. Malgré ce taux élevé, les artistes en situation minoritaire n’ont obtenu que 8,5 p. 100 du financement versé sous forme de subventions (pour l’ensemble des volets) en 2004-2005. Ils ont cependant reçu 12,3 p. 100 du nombre de subventions accordées, ce qui s’approche de leur poids démographique (15 p. 100).

Modes de consultation
MUSICACTION a récemment invité un représentant de l’Alliance nationale de l’industrie musicale (qui voit aux intérêts de l’industrie musicale francophone hors Québec) à siéger au conseil d'administration. Ce siège et le fait qu'un jury soit composé de représentants des CLOSM permettent à l'organisme de se renseigner sur les besoins particuliers des communautés.

Tableau 12 – Soutien accordé par MUSICACTION
  2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Nombre total de demandes 1034 766 802 739 866
Demandes par des artistes
des CLOSM francophones
58 56 82 99 108
Pourcentage* 5.3 % 7.3 % 10.2 % 13.4 % 12.1 %
Nombre total de subventions 447 572 574 623 729
Subventions accordées à des
artistes des CLOSM francophones
28 42 60 85 93
Pourcentage* 6,3 % 7,3 % 10,5 % 13,5 % 12,3 %
Fonds versés 3 561 481 $ 5 926 036 $ 8 143 706 $ 6 696 455 $ 8 754 135 $
Fonds versés à des artistes
des CLOSM francophones
200 538 $ 342 280 $ 892 541 $ 757 769 $ 746 480 $
Pourcentage* 5,6 % 5,8 % 11,0 % 11,3 % 8,5 %
* Part des CLOSM francophones par rapport à l’ensemble des projets soumis.

D. OFFICE NATIONAL DU FILM

Mandat
L’Office national du film (ONF) a pour mandat de produire et de distribuer des œuvres audiovisuelles originales (fiction, documentaires, animation, nouveaux médias) qui présentent un point de vue canadien unique. Des fonds sont prévus pour la réalisation et la production de films, le perfectionnement professionnel et la distribution. L’organisme s’attache surtout à cultiver le talent des nouveaux cinéastes canadiens dans toutes les communautés.

Appui aux CLOSM
L’ONF a mis en place des programmes distincts, pour les œuvres en français et celles en anglais, afin d’aider les cinéastes de l’ensemble du Canada. La prestation de ces programmes a été confiée à des studios régionaux, dont quelques-uns (Studio Acadie à Moncton, Centre de production du Québec à Montréal, Studio Ontario et Ouest à Toronto) desservent les minorités linguistiques.

Dans le cadre du PICLO, l’ONF a créé, en 2002-2003, la « Stratégie triennale pour le développement de la production et la distribution cinématographiques dans les communautés francophones et anglophones en situation minoritaire », un programme destiné aux deux communautés de langue officielle. La stratégie compte trois volets :

  • Relève cinématographique;

  • Formation et perfectionnement professionnel;

  • Diffusion et accès à la cinématographie canadienne.

En plus d’un studio de production francophone, on trouve à Montréal le Centre de production du Québec et l’Animation Studio qui se consacrent entièrement à la production en anglais. Ainsi, toutes les sommes dépensées par ces deux organismes sont dirigées vers la production anglophone du Québec. En plus des programmes réguliers de l’ONF, le Centre de production du Québec a mis en oeuvre trois initiatives distinctes en partie subventionnées par PICLO, soit :

  • Doc Shop, une initiative visant à découvrir de jeunes cinéastes ou vidéastes talentueux. Toutes les productions sélectionnées par Doc Shop sont télédiffusées par le réseau anglais de Radio-Canada;

  • Voices from the Hood, une initiative ayant pour but de donner aux jeunes anglophones en situation minoritaire la possibilité de s’exprimer au moyen de vidéos et de courts métrages;

  • Making Music with the National Film Board, une initiative permettant à des jeunes musiciens anglophones d’explorer le lien entre le cinéma et la musique.

De plus, le Centre de production du Québec et le Animation Studio administrent conjointement le Filmmaker Assistance Program, un programme de soutien qui fournit des services techniques aux cinéastes indépendants afin de les aider à réaliser des courts métrages de fiction et des documentaires.

Finalement, Wapikoni Mobile est un programme itinérant destiné aux autochtones, sans égard à la langue, dans le but de leur enseigner les technologies numériques afin qu’ils réalisent leurs propres films sur les enjeux qui les préoccupent.

Le tableau 13 fait état des sommes dépensées ces dernières années pour la production de langue anglaise au Québec. Les données présentées comprennent non seulement les subventions mais aussi les coûts de fonctionnement du programme anglais au Québec.

Tableau 13 – Dépenses du programme de l’Office national du film
destiné à soutenir la production anglophone au Québec*
  2004-2005 2005-2006 2006-2007
Centre de production du Québec
Doc Shop 51 507 $ 16 007 $ 0 $
Voices from the Hood 19 225 $ 26 917 $ 0$
Making Music with the National
Film Board
0$ 0$ 43 310 $
Filmmaker Assistance Program 180 954 $ 129 140 $ 183 655 $
Programmation régulière 3 608 549 $ 3 340 058 $ 3 253 906 $
Studio d’animation (en anglais)
Filmmaker Assistance Program 26 513 $ 22 022 $ 6 356 $
Wapikoni Mobile 0$ 0$ 0$
Pprogrammation régulière 2 049 590 $ 1 955 818 $ 1 568 575 $
Total 5 936 652 $ 5 489 962 $ 5 055 802 $
* Les montants indiqués comprennent les coûts de fonctionnement.

Dans le cadre du PICLO, les programmes Doc Shop et Voices from the Hood ont reçu ensemble 25 000 $ de Patrimoine canadien en 2004-2005 et en 2005-2006. Wapikoni Mobile n’a pas accordé de soutien pour des projets anglophones ces trois dernières années, mais des fonds ont été alloués pour l’année 2007-2008.

Pour l’instant, nous ne pouvons comparer les sommes allouées aux Anglo-Québécois à l’ensemble des dépenses pour le Canada anglais ou pour les francophones hors Québec. Cependant, il est vrai que les anglophones de Montréal remportent depuis longtemps des succès exceptionnels dans la production de films d’animation et d’art, et de documentaires grâce à l’aide de l’ONF. On ignore toutefois dans quelle mesure l’ONF peut répondre aux besoins des communautés anglophones situées à l’extérieur de Montréal. Doc Shop et Voices from the Hood constituent des exemples de mesures positives, mais leur avenir n’est pas assuré.

Le programme français comporte deux volets qui s’adressent aux francophones de l’ensemble du Canada :

  • Production régionale;

  • Mise en marché régionale.

En 2004-2005, les deux volets ont reçu un pourcentage élevé de demandes de la part d’artistes des CLOSM francophones, soit 33,6 p. 100 et 15,8 p. 100 respectivement (voir le tableau 14). Par contre, les demandeurs des CLOSM francophones ont obtenu 20 p. 100 des fonds du volet Production régionale, mais seulement 3,1 p. 100 du volet Mise en marché régionale. En fait, les montants investis dans les CLOSM francophones dans le cadre du volet Mise en marché régionale ont chuté de façon spectaculaire, passant d’environ 231 000 $ en 2000-2001 à tout juste 30 000 $ en 2004-2005, alors que le volet Production régionale a subi une réduction de près de 20 p. 100 au cours de la même période.

Tableau 14 – Soutien accordé par le Programme français
de l’Office national du film
  2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Production régionale
Nombre total de subventions 83 78 90 109 122
Subventions à des projets dans
les CLOSM francophones
20 24 21 32 41
Pourcentage* 24,1 % 30,8 % 23,3 % 29,4 % 33,6 %
Fonds versés 8 819 815 $ 7 687 550 $ 7 719 076 $ 7 843 945 $ 6 518 344 $
Fonds versés à des projets
dans les CLOSM francophones
1 606 375 $ 1 533 636 $ 1 224 666 $ 1 390 952 $ 1 300 427 $
Pourcentage* 18,2 % 19,9 % 15,9 % 15,9 % 20,0 %
Mise en marché régionale
Nombre total de subventions 26 43 23 25 38
Subventions à des projets
dans les CLOSM francophones
3 7 5 4 6
Pourcentage* 11,5 % 16,3 % 21,7 % 16,0 % 15,8 %
Fonds versés 809 090 $ 934 930 $ 773 186 $ 953 583 $ 987 031 $
Fonds versés à des projets
dans les CLOSM francophones
231 153 $ 156 918 $ 110 361 $ 96 788 $ 30 624 $
Percentage* 28,6 % 16,8 % 14,3 % 10,1 % 3,1 %
* Part des projets francophones des CLOSM par rapport à l’ensemble des projets francophones.

Au cours des dernières années, l’ONF a subi des compressions budgétaires qui ont entraîné des réductions importantes tant dans le programme anglais que dans le programme français. Par ailleurs, l’Office a décidé d’utiliser une plus grande part de ses fonds pour rendre ses produits cinématographiques davantage accessibles, ce qui a eu pour effet de réduire l’enveloppe budgétaire allouée à la production. Malgré tout, dans son volet « Production régionale », l’ONF a réussi à augmenter à 20 p. 100 la part des fonds attribués aux communautés francophones hors Québec.

Modes de consultation
L’ONF tient une réunion annuelle avec la FCCF et participe à trois séances dirigées par Patrimoine canadien en vue de sensibiliser les organismes aux problèmes et aux besoins des CLOSM. L’organisme consulte régulièrement les cinéastes et les producteurs des CLOSM. En outre, des rencontres sont tenues dans le cadre de l’Entente multipartite.

E. CENTRE NATIONAL DES ARTS

Mandat
Le Centre national des Arts (CNA) est un centre des arts de la scène et la vitrine nationale des œuvres et productions des artistes canadiens et internationaux. Il soutient l’excellence dans toutes les disciplines (musique classique, théâtre français, théâtre anglais, danse, variétés, programmation communautaire) ainsi que les artistes et les organismes artistiques dans tout le Canada. Le CNA exécute son mandat par des productions, des coproductions, des festivals en région, des tournées et un programme complet d’enseignement et de sensibilisation des jeunes.

Appui aux CLOSM
Le CNA a mis en œuvre divers programmes, surtout pour le théâtre français, qui sont principalement destinés à soutenir les artistes francophones et les productions en français dans l’ensemble du Canada, dont :

  • le Festival Zones théâtrales;
  • les Laboratoires de théâtre français;

  • le Programme de développement du théâtre en région.

Le Festival Zones théâtrales (auparavant appelé le Festival du théâtre en région) a maintenant lieu tous les deux ans21 dans la région d’Ottawa-Gatineau et a pour mandat de présenter en français des productions théâtrales professionnelles en provenance des régions. Les fonds versés en 2005 aux productions francophones hors Québec se chiffraient à 85 000 $, ce qui représente 88 p. 100 du budget total pour l’année (voir le tableau 15) Comme cette initiative s’adresse au théâtre francophone des régions, il n’est pas surprenant que 88 p. 100 des fonds soient attribués aux productions provenant des CLOSM.

 Tableau 15 – Soutien accordé à des productions francophones des
régions par le Festival Zones théâtrales
  1995 1999 2001 2005
Nombre total de subventions 6 13 15 20
Subventions à des
productions des
CLOSM francophones
6 9 11 17
Pourcentage* 100 % 62,9 % 73,3 % 85 %
Fonds versés 25 570 $ 73 579 $ 124 100 $ 95 500 $
Fonds versés à des
productions des
CLOSM francophones
25 570 $ 57 113 $ 85 700 $ 84 750 $
Pourcentage* 100 % 77,6 % 69,1 % 88 %
* Part accordée à des productions des CLOSM francophones
par rapport à l’ensemble des productions.

Les Laboratoires de théâtre français proposent aux artistes francophones en situation minoritaire des possibilités de perfectionnement professionnel. Le nombre d’artistes francophones des CLOSM invités à prendre part à ces laboratoires sert à évaluer l’investissement dans le perfectionnement de cette clientèle. Or, ils représentaient de 30 p. 100 à 65 p. 100 des participants entre 2002 et 2005.

Quant au Programme de développement du théâtre en région, il a investi 100 000 $, en 2004-2005, dans les CLOSM francophones.

Le CNA présente également de grands festivals, tels que Scène Atlantique, Scène albertaine, Scène Québec, qui tous présentent des productions des deux groupes linguistiques, donnant ainsi la chance aux productions des CLOSM. En outre, le CNA prévoit une Programmation régionale à la Quatrième salle afin d’y présenter des spectacles et productions de plusieurs régions du pays.

Il existe par ailleurs des programmes visant à promouvoir le théâtre anglophone du Québec. Plus de 175 000 $ ont été investis à cet effet dans la communauté anglophone du Québec. Un programme vise également à présenter des chanteurs folk anglophones du Québec à la Quatrième salle du CNA.

Les sommes dépensées ces trois dernières années pour la communauté anglophone du Québec sont allées essentiellement au développement du théâtre anglophone au Québec et à Scène Québec (voir le tableau 16).

Tableau 16 – Soutien accordé par le Centre national des Artsà des productions théâtrales et des spectaclesanglophones du Québec
  2004-2007
Total Portion du PICLO
Théâtre anglophone 175 192 $ 87 500 $
Chanteurs folk du Québec
(Quatrième salle)
15 646 $ 4 500 $
Scène Québec 2007 612 970 $ 252 110 $

Le degré de participation des artistes des CLOSM semble fluctuer selon les événements. Lors de la préparation de Scène albertaine, le CNA a établi des liens durables avec le Rassemblement des artistes francophones de l’Alberta. En revanche, les résultats de Scène Québec 2007 ont déçu certains artistes anglophones du Québec. Selon le porteparole d’ELAN, le CNA n’a pas consulté son organisme avant de sélectionner les artistes et les écrivains pour le volet anglophone de l’événement. Ainsi, des adaptations en anglais d’oeuvres françaises ont été présentées, mais aucune oeuvre originale anglo-québécoise n’était inscrite au programme. Le Centre affirme avoir consulté les principaux organismes des arts de la scène du Québec, soit le Quebec Writers’ Federation, le Playwrights’ Workshop Montréal et le Centaur Theater Company de Montréal. Il souligne que les artistes anglophones du Québec étaient fortement représentés dans toutes les disciplines. Une discussion sur les attentes de la communauté à l’égard du volet anglophone de Scène Québec permettrait sans doute de faire le point sur ces avis opposés.

Tout en reconnaissant que le CNA contribue à la création d’œuvres et de productions théâtrales dans les régions et les CLOSM, les artistes et les organismes artistiques des CLOSM s’interrogent sur le très faible nombre de productions des CLOSM pendant la saison régulière.

Modes de consultation
Le CNA participe aux consultations de Patrimoine canadien et rencontre chaque année les représentants de la FCCF. Les équipes artistiques du CNA organisent régulièrement des réunions avec des associations et des membres des CLOSM francophones, mais rien n’indique que les artistes et organismes artistiques anglophones du Québec sont systématiquement consultés sur les programmes qui les concernent.

F. CONSEIL DES ARTS DU CANADA

Mandat
Le Conseil des Arts du Canada a pour mandat de « favoriser la production et la diffusion » des œuvres dans toutes les disciplines artistiques, soit la danse; la musique; le théâtre; les arts médiatiques, visuels et interdisciplinaires; les arts du spectacle; la rédaction et l’édition. Il aide les organismes et les artistes sur les plans de la création, de la production, de la diffusion, du perfectionnement professionnel et de l’accès du public à la création artistique.

Appui aux CLOSM
Tous les programmes s’adressent aux artistes qui travaillent dans l’une ou l’autre des langues officielles, dans toutes les régions du pays; le seul appui consacré exclusivement aux CLOSM est le financement généré par le PICLO. Cependant, le Conseil prend depuis quelques années des mesures pour que les deux langues officielles et les CLOSM soient équitablement représentées aux comités d’évaluation par les pairs. Les francophones hors Québec sont plus nombreux à participer à l’évaluation des demandes dans toutes les disciplines artistiques. Chacune des sections responsables d’évaluer les demandes de financement pour les différentes disciplines compte à présent un agent responsable des CLOSM.

Le Conseil s’efforce par ailleurs de sensibiliser le personnel et les comités d’évaluation à la situation des artistes des CLOSM. En 2000, les éditeurs francophones se sont aperçus que les membres des jurys comprenaient mal l’environnement de travail dans les CLOSM. Les comités d’évaluation ont alors commencé à se servir de « fiches contextuelles ». Ces fiches ont été préparées avec l’aide de la FCCF afin de fournir aux comités d’évaluation par les pairs la situation des arts et de la culture dans une région donnée. Cette méthode a été adoptée pour toutes les autres disciplines, à l’exception des arts visuels. Par la suite, le Conseil a demandé à des organismes d’expression anglaise (par l’entremise d’ELAN) de fournir des fiches contextuelles, comme celles préparées par la FCCF. Les organismes en ont préparé, mais il semble qu’elles ne soient pas utilisées. En fait, leur utilisation est controversée, même dans les disciplines où l’on s’en sert. Quelques artistes estiment que ces fiches ont un effet stigmatisant, et l’idée d’avoir obtenu une subvention grâce à une analyse contextuelle de leur environnement de travail les rebute.

Le nombre de subventions accordées par le Conseil des Arts du Canada à des artistes et à des organismes francophones en situation minoritaire et les montants correspondants (sans les sommes versées par le PICLO) ont atteint des sommets en 2002-2003 (voir le tableau 17). Le financement a ensuite diminué d’environ 12 p. 100 en 2004-2005 jusqu’à un niveau légèrement supérieur à celui de 2000-2001.  

Tableau 17 – Soutien accordé par le Conseil des Arts du Canada
(sans les fonds du PICLO)
  2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Nombre total de subventions 5712 6320 6474 6074 5917
Subventions accordées à
des projets des
CLOSM francophones
164 182 181 150 139
Pourcentage* 2,9 % 2,9 % 2,8 % 2.5% 2,3 %
Fonds versés 104 578 889 $ 122 906 739 $ 128 519 464 $ 125 456 533 $ 121 055 702 $
Fonds versés à des
projets des
CLOSM francophones
2 185 371 $ 2 447 825 $ 2 584 550 $ 2 344 800 $ 2 264 503 $
Pourcentage* 2,1 % 2,0 % 2,0 % 1,9 % 1,9 %
* Part accordée à des projets des CLOSM francophones par rapport à l’ensemble des projets (incluant les subventions au fonctionnement).

Les ententes du PICLO constituent néanmoins une source de financement supplémentaire pour les artistes et les organismes culturels des CLOSM. Un certain nombre de demandes présentées par des francophones ont été acceptées grâce aux fonds provenant du PICLO (voir le tableau 18). Ainsi, en 2002-2003, le pourcentage des demandes acceptées pour des projets francophones dans des CLOSM a atteint 5 p. 100 et ces projets ont reçu 2,8 p. 100 des fonds attribués. Selon le Conseil, cette augmentation est attribuable aux séances ciblées de sensibilisation et d’information tenues dans l’ensemble du pays et au fait que davantage de personnes intéressées savent qu’ils peuvent obtenir des fonds supplémentaires (notamment grâce au PICLO). Cependant, on note une baisse en 2004-2005, alors que le pourcentage des demandes acceptées est tombé à 2,9 p. 100 et que le taux de financement a diminué à 2,2 p. 100. Il y a donc lieu de s’interroger sur l’efficacité des séances de sensibilisation.

Tableau 18 – Soutien supplémentaire accordé grâce au PICLO à des projets
des CLOSM francophones par le Conseil des Arts du Canada
  2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Nombre de
demandes supplémentaires
19 48 117 65 57
Pourcentage* 2,3 % 2,8 % 5,0 % 3,0 % 2,9 %
Fonds supplémentaires 1 326 171 $ 1 305 925 $ 1 525 050 $ 1 234 500 $ $1 153,153
Pourcentage* 2,5 % 2,6 % 2,8 % 2,3 % 2,2 %
* Part accordée à des projets dans les CLOSM francophones par rapport à l’ensemble des projets lorsqu’on yajoute les fonds provenant du PICLO.

La part de financement obtenu varie énormément selon les disciplines. Toutefois, exception faite des arts du langage (théâtre et littérature), les divers pourcentages demeurent peu élevés, aux environs de 2 p. 100. Si le nombre de demandes soumises par des artistes des CLOSM demeure faible, le Conseil précise que le taux d’acceptation des demandes de cette clientèle est similaire à celui des demandes soumises par des artistes ou des organismes artistiques en situation majoritaire. Nous ne pouvons vérifier cette affirmation puisque le nombre des demandes présentées n’est pas rendu public.

Il est néanmoins évident que le PICLO a contribué à l’augmentation du nombre de projets subventionnés et du financement accordé. Cependant, il s’agit d’une faible augmentation, en général inférieure à 1 p. 100, et, en fait, le pourcentage de financement a diminué, passant de 2,5 p. 100 en 2000-2001 à 2,2 p. 100 en 2004-2005.

Qui plus est, la contribution actuelle du PICLO suffit tout juste à compenser la diminution nette des fonds alloués par le Conseil depuis 2002-2003.

Pour ce qui est des artistes et des organismes artistiques anglophones (voir le tableau 19), les montants qui leur ont été versés par le Conseil des Arts du Canada ont augmenté plus ou moins progressivement depuis 2000.

Tableau 19 – Soutien accordé aux artistes et organismes anglophones par le
Conseil des Arts du Canada et soutien supplémentaire provenant du PICLO
  2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Conseil des Arts
du Canada
3 458 984 $ 4 110 808 $ 4 494 850 $ 4 476 056 $ 4 186 540 $ 4 367 213 $ 5 073 745 $
PICLO s.o. 257 700 $ 521 094 $ 501 729 $ 500 081 $ 295 750 $ 296 338 $
Total 3 458 984 $ 4 374 406 $ 5 015 944 $ 4 977 785 $ 4 686 621 $ 4 662 963 $ 5 370 083 $

Modes de consultation
Tous les ans, le Conseil des arts offre des séances d'information un peu partout au pays afin d'informer les artistes des CLOSM sur les programmes existants. En outre, des employés du Conseil assistent régulièrement aux assemblées des divers organismes artistiques et culturels des CLOSM.

G. TÉLÉFILM CANADA

Mandat
Téléfilm Canada se consacre au développement et à la promotion des productions de l’industrie audiovisuelle du Canada, y compris les films, les programmes télévisés et les nouveaux médias qui reflètent la dualité linguistique et la diversité culturelle de la société canadienne. La société d’État soutient toutes les activités liées à la production audiovisuelle : la rédaction du script, la commercialisation par investissement direct, la production de versions pour des marchés linguistiques précis, la gestion de coproductions et le soutien pour la commercialisation nationale et internationale.

Téléfilm Canada tire ses fonds de trois sources principales, soit le Fonds canadien de télévision, le Fonds du long métrage du Canada et le Fonds des nouveaux médias du Canada. Tous les créateurs canadiens, y compris ceux des CLOSM ont accès à ces fonds.

Appui aux CLOSM
Depuis la création du PICLO, Téléfilm Canada a pu accorder un soutien particulier aux créateurs de contenu issus des CLOSM. Deux protocoles d’entente signés avec Patrimoine canadien en 2001 et 2004 ont facilité la collaboration avec les CLOSM, Téléfilm Canada et ses partenaires. Par exemple, on a lancé un concours destiné aux producteurs, auteurs et réalisateurs francophones hors Québec qui leur permet de produire deux courtes dramatiques pour la télévision. En 2006-2007, un nouveau volet a été créé pour les anglophones du Québec afin de les aider à tourner, dans leur langue, des longs métrages et des dramatiques télévisuelles.

Le tableau 20 indique les sommes dépensées dans les productions issues de CLOSM francophones (télévision et longs métrages). On remarque une augmentation de plus de 66 p. 100 des sommes versées aux producteurs francophones hors Québec en cinq ans, qui sont passées d’environ 3,4 millions de dollars en 2000-2001 à presque 5,7 millions de dollars en 2004-2005.

Tableau 20 – Soutien accordé par le programme français de Téléfilm Canada
  2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005
Nombre total de subventions 275 340 316 419 436
Subventions accordées à
des projets des CLOSM francophones
30 37 41 44 69
Pourcentage* 10.9% 10.9% 13.0% 10.5% 15.8%
Fonds versés $46,279,000 $56,598,000 $57,562,000 $82,755,000 $66,728,511
Fonds versés à des
projets des CLOSM francophones
$3,412,617 $4,716,294 $4,593,853 $5,599,854 $5,678,116
Pourcentage* 7.4% 8.3% 8.0% 6.8% 8.5%
* Part accordée à des projets des CLOSM francophones par rapport à l’ensemble des projets francophones.

Dans l’ensemble, le soutien accordé par Téléfilm Canada aux CLOSM a surtout servi aux producteurs francophones du secteur télévisuel puisque les sommes investies dans le long métrage sont généralement la moitié de celles investies dans la télévision. Téléfilm Canada estime d’ailleurs que les producteurs télévisuels des CLOSM francophones possèdent maintenant les compétences nécessaires pour accéder aux fonds principaux du Fonds canadien de télévision pour l’aide au développement22.

Téléfilm Canada aimerait étendre son aide aux autres secteurs tels que les nouveaux médias et le long métrage. En 2006, les producteurs de longs métrages et de multimédias francophones dans les CLOSM n’ont obtenu que 2,9 p. 100 des fonds alloués à l’ensemble des demandeurs de langue française. Téléfilm Canada souhaite donc aider les producteurs télévisuels avec lesquels il a forgé des relations depuis six ans à prendre le virage multiplateforme. Ainsi, Téléfilm Canada a annoncé en décembre 2006 la création d’une stratégie de soutien destinée aux créateurs qui travaillent en dehors de Montréal et du Québec. Intitulée « Écrire au long », cette stratégie permettra d’effectuer les activités de préproduction et de production de longs métrages de fiction en français. Il y a une forte demande pour les programmes de formation. En outre, le nombre de diffuseurs disposés à investir dans des productions francophones réalisées hors Québec a également augmenté.

Téléfilm Canada a soutenu les producteurs anglophones du Québec en leur allouant presque 5 millions de dollars en 2005-2006 et plus de 16 millions de dollars en 2006-2007, en grande partie pour des longs métrages.

En 2006-2007, cette clientèle a reçu dans l’ensemble 23,9 p. 100 des fonds alloués aux projets en anglais au Canada. Cependant, les producteurs situés à l’extérieur de Montréal ont reçu moins de 1 p. 100 des sommes investies dans les productions en langue anglaise au Québec. L’organisme souhaite donc amplifier la portée de ses initiatives pour les anglophones du Québec, notamment afin de stimuler la créativité dans les régions.

Modes de consultation
Téléfilm Canada a mobilisé son personnel afin qu’il travaille avec les intervenants dans les régions et les deux communautés de langue officielle afin de comprendre leurs besoins particuliers et de trouver les moyens de les satisfaire. Chacun des groupes de travail pour le  long métrage (il en existe un pour le marché anglophone et un autre pour le marché francophone) ont parmi leurs membres un représentant des créateurs de contenus issus des CLOSM. Il n’existe en revanche aucun mode de consultation pour aborder précisément les besoins des CLOSM de façon globale, dans tous les secteurs d’activités.

Notes

20 MUSICACTION consigne le nombre de subventions demandées et le nombre de subventions accordées, ce qui permet de calculer le taux d’acceptation des demandes en fonction du statut des demandeurs.

21 Le Festival du théâtre en région avait eu lieu à intervalles irréguliers. Depuis 2005, le Festival Zones théâtrales est un événement biennal, mais pour l’instant, on ne connaît pas son sort pour la prochaine édition. La pérennité de ce festival dépend des projets du directeur artistique du théâtre français.

22 Par conséquent, Téléfilm compte mettre fin progressivement à ses programmes d’aide à la production télévisuelle destinés aux producteurs francophones hors Québec.

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