Sally Rehorick
Patinage artistique et langues secondes
Par Marie Labrecque
Ancienne patineuse artistique, Sally Rehorick continue de graviter autour des patinoires, mais à titre d’officielle. Depuis 1992, elle a participé à cinq Jeux d’hiver, notamment en tant que juge, chef de l’équipe canadienne de patinage artistique, ainsi que chef de mission du Canada. Elle travaille actuellement au sein du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver
, où elle occupe l’important poste de directrice des services à la clientèle internationale.
Cette anglophone parfaitement bilingue a vite découvert son aptitude pour les langues. « J’ai commencé à apprendre le français quand j’étais à l’école secondaire, à Edmonton. J’avais reçu une note de 96 % en langue seconde, et de 56 % en maths... Alors, pour moi, la route était assez claire! D’abord, puisque ma grand-mère est parisienne, j’ai souvent entendu parler de la France. Et j’ai toujours adoré les langues. Je vois ça comme un défi, un apprentissage qui continue tout au long de la vie. J’ai pu améliorer mon français peu à peu, parce que j’ai continué à travailler dans cette langue. »
Durant sa carrière professionnelle, Sally Rehorick a enseigné le français dans divers établissements, notamment à la prestigieuse Harvard University pendant un an. Elle a aussi longtemps été directrice du Centre de didactique des langues secondes de l’Université du Nouveau-Brunswick. Son bilinguisme lui est utile non seulement dans sa carrière universitaire, mais aussi dans son cheminement dans le domaine du sport. « Ça m’aide énormément à progresser dans l’univers du patinage et des Jeux olympiques, où l’on voyage beaucoup. J’ai l’occasion de parler aux autres juges et entraîneurs dans les langues que je connais, ou de former des juges au Québec. En février dernier, j’ai fait une présentation en français et en anglais devant des chefs de mission d’autres pays. C’est une façon d’indiquer au monde des Jeux olympiques qu’au Canada, on accueille les gens dans les deux langues. Je suis très contente de pouvoir le faire moi-même, sans devoir passer par un interprète. »
Pour cette polyglotte (elle a aussi étudié l’espagnol et l’italien, et elle a vécu au Japon pendant deux ans), la possibilité de décrocher un meilleur emploi ne devrait pas être la motivation principale des Canadiens à apprendre une seconde langue. « Pour moi, il s’agit d’abord d’ouvrir son esprit aux autres personnes dans le monde. La langue représente l’âme d’un peuple. Ce que je trouve intéressant sur la côte Ouest, c’est que beaucoup de gens, surtout chez les jeunes, parlent le français comme troisième langue. Ces trilingues représentent l’avenir. »


