Clara Hughes

Clara Hughes
Photo : Jeff Bough

S’entraîner : la clé pour apprendre une nouvelle langue
Par Marie Labrecque

Clara Hughes est en quelque sorte une spécialiste de la dualité, sportive autant que linguistique. En effet, elle est la seule athlète canadienne à avoir remporté des médailles à la fois aux Jeux olympiques d’été et d’hiver : deux en cyclisme, en 1996, et trois en patinage de vitesse, en 2002 et 2006. Et la championne olympique de la course de 5 000 mètres s’entraîne aussi fort à l’exercice d’une langue seconde.

Elle s’est mise à l’apprentissage du français depuis qu’elle est déménagée dans le village de Glen Sutton, au Québec, en 2000. La native de Winnipeg est tombée sous le charme de l’Estrie, avec ses vieilles montagnes et ses petites villes. « À cause de l’entraînement, j’ai vécu un peu partout, mais quand j’ai passé un été au Québec, c’était la première fois, à 27 ans, que je me suis dit : je pourrais m’établir ici, à vie. Je me suis sentie chez moi. J’ai trouvé là un mode de vie différent. De plus, j’y ai des racines familiales : ma mère est née à Montréal, et c’est là qu’elle a rencontré mon père, qui vient de Grande-Bretagne. Alors, quand je suis arrivée au Québec, j’ai senti une appartenance. »

À son arrivée, elle ne connaissait toutefois qu’une vingtaine de mots dans la langue de Molière. « Mais je pense que c’est très important de parler français, si je veux habiter au Québec, si je veux communiquer avec mes voisins, avec mes amis. Aussi, j’ai fait beaucoup de voyages en dehors du monde du sport, et je me suis rendu compte que si on parle une seule langue, on est limité. Mon français m’a été utile très souvent. C’est comme un cadeau, quand on parcourt le monde. »

Perfectionner cette langue « difficile » n’est pourtant pas simple, d’autant que Clara Hughes doit passer plusieurs mois par année à Calgary pour s’entraîner sur l’anneau olympique et aussi à Vancouver, où elle se prépare aux Jeux de 2010, qui seront les derniers de l’athlète de 37 ans. La patineuse s’est inscrite à un cours de français à l’University of Calgary. Ce n’est pas évident de consacrer du temps aux exercices de français à cause de ses nombreux voyages, mais elle prend son apprentissage très au sérieux. « Chaque jour, je fais les exercices dans mon livre de français. Avant de me coucher, j’y consacre 20 ou 30 minutes. J’écoute des cassettes en français et je regarde la télévision de Radio-Canada. Cette année, j’ai une coéquipière québécoise, Justine L’Heureux, et je peux m’exercer avec elle. J’essaie de parler français dès que j’en ai l’occasion. Comme dans le sport, si je m’entraîne, je vais m’améliorer. »