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Le français, une langue résolument officielle

La présente brochure offre au lecteur un ensemble de renseignements éclairs sur le français au Canada. Il y a deux langues officielles dans notre pays : le français et l’anglais. Plus de neuf millions de Canadiennes et de Canadiens, répartis sur un territoire qui couvre plus de neuf millions de kilomètres carrés, peuvent converser en français. Le français s’inscrit dans la vie quotidienne de la population canadienne. Il fait entendre ses accents dans toutes les régions du pays.

Pour s’épanouir, le français doit cœxister avec l’anglais, parlé par 300 millions de personnes en Amérique du Nord. De prime abord, le défi peut paraître de taille, mais cela n’empêche pas les Canadiens et les Canadiennes de souche, ceux et celles qui viennent d’autres pays, les chefs de file et les gouvernements de le relever chaque jour.

En 2004, plusieurs événements sont organisés pour célébrer le 400e anniversaire du premier établissement français en Amérique. L’Acadie fête ce moment historique, qui marque 400 ans (1604-2004) d’une culture pleine de vitalité.

Le Canada forme le deuxième plus grand pays du monde. Son territoire s’étend sur six fuseaux horaires et touche trois océans. On y entend parler français depuis le climat tempéré des régions septentrionales jusque dans le Grand Nord. Comment est-ce possible? Près du quart de la population a le français pour langue maternelle et environ trois millions de personnes parlent le français à titre de langue seconde.

Le français est surtout parlé au Québec; son territoire équivaut à trois fois celui de la France, ce qui en fait la plus grande province canadienne en superficie. Peuplé de 7,5 millions d’habitants, dont 6,7 millions qui parlent le français, il se classe au deuxième rang des provinces canadiennes pour ce qui est de la population et de l’économie. Société dynamique, le Québec est sans contredit le principal foyer de la francophonie en Amérique.

En Ontario, première province canadienne par la taille de sa population et de son économie, 1,3 million de personnes connaissent le français.

Dans les provinces atlantiques, dont le Nouveau-Brunswick, la seule province officiellement bilingue, un peu plus de 400 000 personnes parlent français.

Dans l’Ouest canadien, qui comprend le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique, plus de 600 000 personnes ont une connaissance du français.

On retrouve, dans les trois territoires du Canada, soit le Yukon, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest, un peu plus de 7 000 personnes qui ont une connaissance du français.

Population parlant le français Canada, provinces et territoires

Terre-Neuve-et-Labrador 21 040
Île-du-Prince-Édouard 16 085
Nouvelle-Écosse 91 055
Nouveau-Brunswick 312 280
Québec 6 739 050
Ontario 1 362 025
Manitoba 104 085
Saskatchewan 49 355
Alberta 204 795
Colombie-Britannique 271 175
Territoire du Yukon 2 940
Territoires du Nord-Ouest 3 165
Nunavut 1 040
TOTAL 9 178 100
Source : Statistique Canada, 2001.

Faire fructifier le legs de l’histoire

En cette partie du monde, l’usage du français remonte au XVIe siècle, ce qui fait du Canada le plus vieil État francophone à l’extérieur de l’Europe. Ayant vécu sous le régime français et sous la couronne britannique, le Canada possède un riche patrimoine. les Canadiens et les Canadiennes manifestent aujourd’hui une volonté ferme de le faire fructifier grâce à la cohabitation des deux langues officielles qui se parlent sur l’ensemble du territoire canadien.

Au Canada, les affaires se brassent souvent en français. Le Mouvement Desjardins au Québec, la Fédération des caisses populaires acadiennes, la Fédération des caisses populaires de l’Ontario, la Fédération des caisses populaires du Manitoba, le Conseil canadien de la coopération, la Société l’Assomption, la Banque Nationale, de même que les multinationales Québécor et Bombardier, sont autant d’exemples de la force économique et dynamique du français au Canada.

Avec l’appui de l’État, le français se présente comme l’expression d’un peuple aux multiples facettes, attaché à son histoire et porté par les courants de la modernité.

Transmettre notre patrimoine français

Au Canada, le français et l’anglais se côtoient sans se porter ombrage. C’est un lieu où deux des grandes communautés linguistiques se rencontrent. La langue française évolue dans un espace culturel qui joue un rôle important dans le monde.

Majoritaires au Canada, les anglophones manifestent un intérêt grandissant pour la langue des pères de la chanson québécoise contemporaine, Félix Leclerc et Gilles Vigneault, et d’une pléiade d’autres artistes.

En quarante ans, le nombre de personnes au Canada qui parlent l’anglais et le français a presque doublé.

Le Canada est reconnu partout dans le monde pour son expertise dans l’enseignement du français et de l’anglais langues secondes. Une association de parents anglophones, Canadian Parents for French, fait d’ailleurs la promotion de l’enseignement du français langue seconde. Ces programmes jouissent d’une popularité croissante et la moitié des jeunes anglo-canadiens apprennent le français à l’école.

L’aspect juridique

Le français jouit chez nous d’une reconnaissance constitutionnelle et démocratique. La Charte canadienne des droits et libertés et la Loi sur les langues officielles garantissent l’égalité linguistique à tous les Canadiens et les Canadiennes.

Gouvernement francophone, le gouvernement québécois appuie sa francité sur la Charte de la langue française. Le bilinguisme au Nouveau-Brunswick repose sur la Loi sur les langues officielles, tandis que plusieurs autres provinces ont pris des dispositions législatives à l’intention des francophones, notamment en matière d’accès aux services publics et à la justice. Les textes de loi mentionnés ci-dessus témoignent d’une ouverture qui s’exprime naturellement par la démocratie. Au cours du dernier siècle, la population canadienne a élu des premiers ministres francophones et anglophones pour la diriger.

Le gouvernement fédéral, représentatif de la population canadienne, compte 308 députés, dont le quart est francophone. C’est dans cette optique que le gouvernement du Canada a fait du français une des deux langues de service et de travail dans la fonction publique. Les francophones représentent 27 p. 100 de l’effectif et se retrouvent à tous les échelons de la hiérarchie gouvernementale.

Une langue doit être parlée ailleurs que dans les affaires de l’État pour représenter un véritable moyen d’expression culturelle et populaire. C’est précisément l’objectif que visent les autorités gouvernementales canadiennes. À cet égard, les provinces et le gouvernement fédéral ont pris des mesures dont la portée socioculturelle est considérable. Par exemple, en accordant des subventions à divers organismes culturels, le gouvernement du Canada aide à l’épanouissement des cultures, et ce, d’un océan à l’autre.

L’action gouvernementale provinciale s’applique également à l’enseignement en langue française. Ainsi, les communautés francophones de chaque province et territoire gèrent un réseau d’écoles de langue française, financées à même les fonds publics; les jeunes peuvent ensuite poursuivre leurs études en français aux niveaux collégial et universitaire. Elle s’applique également à l’accès à la justice et au développement de soins de santé à l’intention des minorités francophones.

Le gouvernement canadien soumet ses propres institutions à la surveillance d’une commissaire aux langues officielles. Elle agit comme ombudsman auprès de qui les citoyens et les citoyennes peuvent se renseigner et porter plainte s’ils estiment que les institutions fédérales briment leurs droits linguistiques.

Voilà quelques exemples de pratiques qui font maintenant partie des coutumes sociopolitiques du Canada et qui lui donnent le caractère international distinct dont il est fier et qu’il entend préserver.

Depuis sa fondation, l’Agence intergouvernementale de la francophonie compte le Canada parmi ses membres. Deux gouvernements provinciaux sont aussi membres – le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Promouvoir le français pour rayonner dans le monde

Dans le cadre de la politique linguistique fédérale, la population et l’État canadiens conjuguent leurs efforts, leurs ressources et leurs idées, non seulement pour aider la société à progresser, mais aussi pour faire en sorte que la contribution du Canada à la Francophonie internationale soit aussi généreuse et créative que possible.

Un tableau éloquent de réussites nous propose des artistes, comme le chanteur manitobain Daniel Lavoie et la Québécoise Céline Dion, qui sont montés sur les plus grandes scènes du monde, ainsi que des écrivains comme l’Acadienne Antonine Maillet, récipiendaire du prestigieux prix Goncourt, et l’écrivain et dramaturge Michel Tremblay, qui a présenté le Québec au monde entier. Le Cirque du Soleil, une initiative québécoise de renommée internationale, et le célèbre peintre Jean-Paul Riopelle sont également des ambassadeurs de la culture canadienne, tout comme l’homme de théâtre Robert Lepage et le cinéaste Denys Arcand. Mais la liste ne s’arrête pas là.

De grandes chaînes de télévision participent à TV5, la télévision internationale de langue française. Le Canada fait aussi figure de précurseur dans le domaine de la radio à ondes courtes. Depuis 1945, Radio-Canada International diffuse des émissions en français dans plusieurs parties du monde.

Quelques faits sur nos médias francophones :

  • plus de 150 stations radiophoniques régionales, nationales et communautaires qui diffusent en langue française;
  • un réseau public national (la Société Radio-Canada);
  • plus de 50 stations francophones de télévision privées, communautaires et publiques;
  • onze quotidiens de langue française;
  • une agence de presse francophone;
  • des centaines de magazines français d’information générale et spécialisée.
  • S’ouvrir sur le monde grâce au commerce

    La francophonie canadienne participe aux grands mouvements commerciaux du monde moderne et de nombreuses entreprises ont fait connaître leur formidable capacité d’innovation.

    L’aide internationale évoque un champ d’activité où les Franco- Canadiens se distinguent. Par exemple, la coopération Acadie-Haïti dans les domaines des pêches et de l’agriculture, et la participation de l’Alliance des radios communautaires du Canada à l’implantation de stations de radio au Sénégal, le montrent de façon convaincante.

    Les francophones de la province de l’Ontario ont su regrouper des gens d’affaires de la francophonie internationale. Grâce aux efforts du Mondial de l’entreprenariat, il est devenu possible de créer un véritable réseau international d’affaires d’expression française, et ce, en rassemblant régulièrement des entrepreneurs francophones du monde entier.

    L’Office franco-québécois pour la jeunesse multiplie les échanges commerciaux et culturels avec la France. La Société Nationale de l’Acadie entretient, elle aussi, des rapports constants avec ce pays.

    Le même esprit se manifeste dans les grands établissements d’enseignement du pays. La plupart des collèges et des universités francophones ou bilingues du Canada offrent un volet international de programmes de formation ou de coopération.

    L’Université Laval, la plus ancienne université francophone en Amérique du Nord, s’est dotée d’une politique de coopération internationale qui régit ses rapports avec l’étranger. L’Université de Montréal et l’Université d’Ottawa suivent cet exemple.

    Le Centre international de la common law en français, rattaché l’École de droit de l’Université de Moncton, a traduit les lois de l’un des plus anciens systèmes juridiques du monde.

    L’Université d’Ottawa dispense, en français, un enseignement en common law et en droit civil, deux grands systèmes juridiques.

    Ces quelques exemples donnent un aperçu de l’ensemble du milieu de l’enseignement postsecondaire.

    Notre capacité d’accueil

    Le Canada compte :

    • plus de 3 000 écoles de langue française;
    • plus de 120 collèges communautaires de langue française;
    • une vingtaine d’universités francophones ou bilingues partout au pays;
    • plus d’une centaine de centres de recherche universitaires francophones.

    Nos établissements d’enseignement de langue française reçoivent une clientèle étudiante des pays de la Francophonie. Ils ouvrent leurs portes à tous les citoyens et les citoyennes du monde qui veulent étudier en français.

    La musique est un moyen de communication universel. Elle donne aux francophones du Canada un merveilleux prétexte pour échanger et célébrer leur culture et leur langue.

    Des artistes venus de partout se retrouvent dans les carrefours des arts de la scène comme le Festival d’été de Québec, le Festival international de jazz de Montréal et le Festival international de musique baroque de Lamèque, ville acadienne du Nouveau- Brunswick.

    Dans les provinces de l’Atlantique, on trouve la Franco-Fest qui célèbre la culture francophone dans la péninsule d’Avalon, à St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador). Un festival d’art dramatique souligne la Semaine provinciale de la francophonie à l’Île-du- Prince-Édouard. L’artisanat de la Nouvelle-Écosse se fait connaître, en partie, grâce aux Tapis DACADIE.

    Le Festival franco-ontarien célèbre la culture francophone depuis 1976. Il offre, à Ottawa, des spectacles de chansons et une programmation riche en animation et en activités culturelles.

    Depuis 1983, la Société franco-manitobaine organise chaque année la Soirée Gala du Prix Riel, pour rendre hommage aux francophones qui contribuent au développement de leur collectivité en suscitant dans cette province le goût de vivre en français.

    Chaque année, en Saskatchewan, l’Assemblée communautaire fransaskoise organise la Fête fransaskoise, alors qu’en Alberta, le Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest, mis sur pied par la Francophonie jeunesse, sensibilise les jeunes au système parlementaire.

    Le Théâtre la Seizième, seule compagnie de théâtre professionnelle francophone en Colombie-Britannique, présente un théâtre actuel à l’intention de publics de tous les âges.

    Dans les Territoires du Nord-Ouest, une sculpture monumentale, baptisée Carrefour culturel de Yellowknife, se dresse dans la ville grâce à l’appel de la Fédération Franco-TéNOise, qui a invité le sculpteur québécois Armand Vaillancourt à travailler avec des artistes autochtones.

    Grâce à l’appui de l’Association des francophones du Nunavut, la radio communautaire et francophone d’Iqaluit diffuse des émissions en français 24 heures sur 24.

    Le Canada s’affirme comme une force importante

    au sein de la Francophonie, et il contribue ainsi au rayonnement du français dans le monde entier et à la pérennité du français en terre d’Amérique.