1988 – Les premiers Jeux olympiques d’hiver du Canada
Une préparation olympique
Bien avant que ne se tiennent les Jeux olympiques de 1988, l’Association canadienne-française de l’Alberta avait mis sur pied un comité spécial nommé « Contact Calgary ». Sa mission consistait à sensibiliser les divers paliers de gouvernement et les entreprises aux avantages de fournir des services bilingues. Le comité a notamment encouragé la Ville de Calgary à se doter d’une signalisation bilingue pour désigner les sites olympiques, ainsi que les restaurants et hôtels à faire traduire leur menu.
De plus, Contact Calgary a conçu et distribué une publication intitulée En français s’il vous plaît, qui contenait un répertoire des entreprises fournissant des services en français.
Alors que le Canada se prépare à accueillir des visiteurs du monde entier aux Jeux d’hiver de Vancouver, bon nombre de Canadiens et de Canadiennes se souviennent des Jeux d’hiver de 1988 à Calgary, en Alberta.
Les XVe Jeux olympiques d’hiver marquaient la toute première fois où le Canada était l’hôte des Jeux d’hiver. Plus de 20 ans auparavant, en 1976, Montréal avait été la première, et l’unique jusqu’à ce jour, ville canadienne à accueillir les Jeux olympiques d’été.
La planification des Jeux a commencé dès que la candidature de la ville a été retenue en 1981. En avril 1982, le Comité d’organisation des XVe Jeux olympiques d’hiver (OCO’88) était constitué en personne morale. Ce nom a été choisi parce que l’acronyme OCO’88 combinait le français et l’anglais –Olympiques Calgary Olympics ’88 – en reconnaissance du caractère bilingue du Canada, du Comité d’organisation et du mouvement olympique.
À ces Jeux, le Canada a remporté cinq médailles, dépassant son record des Jeux précédents à Sarajevo (à l’époque, la capitale de la Yougoslavie). Il continuait toutefois à détenir la distinction peu enviable d’être le seul pays hôte à n’avoir pas remporté de médaille d’or à ses propres Jeux.
Mais qui pourrait oublier la décision finale très serrée en patinage artistique qui a permis à Brian Boitano de remporter l’or devant le patineur canadien Brian Orser, ou Elizabeth Manley, qui, à la surprise de tous, a offert la performance de sa vie et remporté la médaille d’argent?
Une vitrine pour la culture
| En marge des compétitions sportives s’est tenu le Festival olympique des arts, du 23 janvier au 28 février 1988. Cet événement visait à mettre en valeur, aux yeux du monde entier, la diversité de la production artistique canadienne. La programmation du Festival comprenait des événements liés à la culture francophone : expositions d’art, spectacles, projection de films en français et dégustation de mets typiques dans certains sites olympiques. |
Les athlètes canadiens suivants ont remporté une médaille olympique à Calgary :
- Elizabeth Manley – argent, patinage artistique (concours individuel femmes)
- Robert McCall et Tracy Wilson – bronze, patinage artistique (danse)
- Brian Orser – argent, patinage artistique (concours individuel hommes)
- Karen Percy – 2 médailles de bronze, ski alpin (descente chez les femmes et super géant chez les femmes)
Quelques premières intéressantes en 1988 :
- La période des Jeux a été rallongée à 16 jours, y compris trois fins de semaine.
- Le nombre d’épreuves est passé de 39, à Sarajevo, à 46.
- Les épreuves alpines se sont déroulées sur de la neige artificielle.
- Le curling a été présenté comme sport de démonstration.
- Le patinage de vitesse sur courte piste et le ski freestyle étaient deux sports de démonstration.
- Les épreuves de patinage de vitesse se sont pour la première fois déroulées sur une piste couverte.
Une nouvelle ouverture au français dans l’Ouest
« Pour avoir été impliqué dans les dossiers francophones depuis très longtemps, j’ai noté des événements marquants en Alberta qui ont beaucoup influencé l’attitude du public. Je pense surtout aux Jeux olympiques d’hiver à Calgary en 1988, un événement bilingue qui a suscité un éveil important. On avait déployé d'importants efforts pour monter des panneaux disant “Bienvenue à Calgary” ou encore au niveau de l’appui aux athlètes ou à l’offre de services. Je pense en particulier au domaine de la restauration. Les journaux effectuaient des sondages sur l’acceptation du bilinguisme officiel et personnel pour mesurer l’impact de cet événement et certains maintiennent que le virage important date de là. Le taux d’acceptation est ainsi passé de 20 % à près de 50 %. »
Denis Tardif, directeur général du Secrétariat francophone de l’Alberta, citation tirée de l’Encyclopédie virtuelle des communautés francophones et acadienne du Canada.
Le saviez-vous?
Calgary s’appela d’abord Fort Brisebois, du nom d’Éphrem Brisebois, un inspecteur canadien-français de la Police à cheval du Nord-Ouest, qui y fonda un poste en 1875. Cependant, dès 1876, le capitaine James Farquharson Macleod, d’origine écossaise, rebaptisa l’établissement Fort Calgary, du nom d’un village d’Écosse.
Aujourd’hui en Alberta
- 68 000 personnes ont le français comme langue maternelle, soit 2 % de la population.
- 223 000 personnes parlent français et anglais, c’est-à-dire 7 % de la population.
- 33 000 élèves anglophones sont inscrits en immersion française, dans 197 écoles de la province.
- 6 000 élèves fréquentent l’une des 27 écoles de langue française.
- Le Campus Saint-Jean à Edmonton offre des programmes universitaires en français à quelque 500 étudiants chaque année.
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L’hebdomadaire Le Franco est distribué dans toute la province.


